Il faut remercier Chris Nahon, le réalisateur de L'Empire des loups. Pas pour son film, ça non, mais pour avoir forcé Dan Levy, musicien, à travailler avec Olivia B. Merilahti, chanteuse, sur la BO dudit film. Au départ, Dan a dit non. “Je ne voulais travailler avec personne, juste qu'on me laisse tranquille dans mon studio”, dit donc Dan. Mais la musique et le minois d'Olivia adoucissant les m½urs, il a fini par l'apprécier, voire l'aimer beaucoup, sa chanteuse.
Musicien précoce, le Parisien Dan a baigné dans le jazz et la musique classique. “La pop et le rock ne m'intéressaient pas vraiment, j'écoutais les Beatles, Zappa, Michael Jackson, mais mes chocs énormes, c'est Stravinski, Bartók, Coltrane, Sonny Rollins, Monk. Par rapport à tout ça, je trouvais la chanson un peu fermée, cloisonnée.” Depuis, il a changé d'avis. Franco-finnoise (elle est née et a grandi en France), Olivia a toujours chanté. “J'ai eu plein d'expériences différentes, du jazz au punk. Je me suis longtemps cherchée, tout en ayant cette envie de chanter, de composer, j'ai mis du temps avant de me dire que ça pouvait devenir un métier. Le projet de L'Empire des loups, c'était ma première expérience dans un milieu professionnel.”
Donc, Dan et Olivia se sont rencontrés il y a trois ans sur cette musique de film. Dan : “On a enchaîné les musiques pour le cinéma, le théâtre et la danse. C'étaient des commandes, avec des contraintes. Et dès qu'on avait deux ou trois jours devant nous, on se retrouvait en studio comme des gosses pour faire la musique dont on avait vraiment envie, en toute liberté. On doit beaucoup au chorégraphe finlandais Juha-Pekka Marsalo. On devait faire la musique de sa pièce. Il avait entendu parler de ce qu'on faisait, il est venu dans notre studio pour écouter. En une heure, on lui a fait écouter plein de trucs, il ne parlait pas, rien ne lui plaisait. Il voulait quelque chose de plus rock, différent. On n'avait rien de ce qu'il nous demandait. Je l'ai raccompagné à la porte et je lui ai dit : “Tu nous demandes un truc qu'on n'a pas et qu'on ne sait pas faire, mais c'est ça qui m'excite, je suis sûr qu'on peut y arriver”. On a fait des maquettes, The Bridge Is Broken, la première chanson sous le nom de The Dø.
En 2007, The Dø a tout fait, tout en même temps : ses premiers concerts (Nouveau Casino, Cigale, Maroquinerie, Trans de Rennes – et bientôt Bercy ?), l'enregistrement de son premier album, la musique d'une pub télé devenue un tube (On My Shoulders, pub pour les cahiers Oxford), un carton sur MySpace – en huit mois, plus de 500 000 connexions et environ 14 000 amis... Quand on les découvre sur scène, frais et mignons comme tout, légèrement excentriques, totalement enjoués, parfois exaltés, on est bluffés.